Plus de 50 ans : aide à l’embauche pour seniors (CDD, CUI…), chômage (licenciement, allocations) et retraite (surcote, cumul)

Quand on a dépasser 50 ans, et qu’on vient d’être victime d’un licenciement économique ou d’une perte d’emploi, il devient difficile de retrouver du travail. Mais le chemin est encore long jusqu’à la retraite, et l’allocation chômage ne va pas peser bien lourde face aux charges de la vie courante qui vont s’accumuler. Il va donc falloir se remettre en quête d’un job. Pour cela, on peut mettre en avant son expérience, toujours appréciée des entreprises, mais aussi les aides à l’embauche, de plus en plus nombreuses pour cette catégorie d’âge : emplois aidés, CDD sénior… Tout le monde peut y trouver son compte, employeurs comme employés. Reste qu’il y a des conditions à respecter pour qu’un licenciement après 50 ans ne sonne pas comme le dernier chant du cygne.


Le chômage des seniors augmente


Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la France, car celui-ci est en augmentation constante depuis 2008. Et quand on voit tous les plans qui se sont succédés pour enrayer la courbe, ce n’est pas très reluisant. Car des mesures, on en prend à la pelle, et chaque gouvernement sort de son chapeau des contrats aidés pour les seniors. Le souci, c’est qu’ils ont été oubliés pendant si longtemps que pour remonter la pente, il va falloir donner un sacré coup de rein.

Pendant des années, on a fait de la pré-retraite la solution à tous leurs maux. Plus besoin de chercher du travail, juste à attendre que ça se passe, avec l’aide et l’absolution de l’assurance chômage. Quand on avait 55 ans c’était encore pire, bon à rien avant l’heure, on n’avait plus qu’à s’installer dans son rocking-chair en regardant les trains passer. Sauf que les temps ont changé, qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, et qu’il faut bien continuer à vivre.

Doit-on s’en contenter ?

Le nombre de chômeurs de + de 50 ans grimpe, près d’une personne sur 2 ayant atteint ce seuil est sans activité professionnelle. Cela vaut-il dire qu’à cet âge là on est plus bon à rien ? Loin de là, le pays a besoin de cette expérience accumulée, de se savoir faire, de cette sagesse, qui sont des avantages pour les employeurs. Le chômage de longue durée ne doit pas être une fatalité, surtout que les indemnités chômage après 50 ans ne font rêver personne.

C’est donc un chantier permanent pour le ministre du travail en place, comme cela l’était pour ces prédécesseurs récents. Un plan « sénior » a même vu le jour, pour prendre le taureau par les cornes. L’opération de la dernière chance ? Car en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées. Mais on attend toujours l’onde de choc qui viendra modifier la donne en profondeur. Car pour l’instant, on n’invente rien, on améliore. Est-ce suffisant pour redonner le sourire aux quinquagénaires ? Pourtant, des centaines de millions d’euros sont consacrés à cette lutte là, et c’est a désespérer, car plus on injecte d’argent, et plus on a l’impression que ça ne sert pas à grand chose.


Se former à tout âge

Qui aurait cru qu’on soit obligé de suivre une formation alors qu’on travaille depuis plus de 30 ans ? C’est pourtant ce qu’on propose, entre autres choses, aux seniors, pour ne pas décrocher : des stages d’immersion (en apnée). En contrepartie, ces chômeurs d’un genre particulier seront mieux rémunérés. Car Pôle Emploi ne lâche plus les + de 50 ans dans la nature. L’agence les accompagne, et les soutient, avec les moyens qu’elle a. Espérons que cela, sans enrayer la baisse, la maintienne au moins en l’état. Rien n’est moins sur.

Autre solution : se mettre à son compte.

Les aides à l’embauche


Elles sont nombreuses, mais sont-elles efficaces ? CDD senior, CUI, contrat de génération, de professionnalisation… Il n’en reste pas moins que retourner dans la vie active à 10 ans de la retraite n’est pas une sinécure. Heureusement, quand on est senior et chômeur, on bénéficie de conditions spéciales à Pôle Emploi. Ce traitement « de faveur » permet de travailler moins pour être indemniser, avec une durée pouvant atteindre 3 ans. Autre avantage, il est possible aux plus de 50 ans de cumuler les assedics  avec un travail à temps partiel.

Mais le gros plus reste l’action spécifique de Pôle Emploi avec des conseillers dédiés, et ce dès l’inscription, un bilan de compétence réalisé rapidement et des formations proposées. Car le temps n’est plus à dispenser personne de rechercher un emploi.

Les avantages du CDD Senior

Il s’agit ici d’un contrat à durée déterminé qui a l’apparence de ceux qui touchent 2 salariés sur 3 (notamment sur les conditions de rupture du contrat). Mais ce n’est pas un CDD comme les autres, car pour pouvoir en signer un, il faut avoir plus de 57 ans et être depuis au moins 3 mois demandeur d’emploi, à moins d’avoir entre les mains une convention de reclassement (après un licenciement économique par exemple). C’est un CDD qui peut aller jusqu’à 1 an 1/2, renouvelable une fois, ce qui permet, bonant malant d’atteindre la retraite sans en avoir l’air. Les patrons ne peuvent donc pas embaucher n’importe qui sous ce dispositif là.

embaucher un senior

Pourquoi l’avoir créé ? Pour ne pas rester au chômage jusqu’à la fin de sa carrière, et ainsi pouvoir acquérir les droits manquants pour avoir une retraite à taux plein. Attention : pour les sociétés agricoles, ce dispositif ne s’applique pas.

Le CUI

Non, il ne s’agit pas d’un cri d’oiseau, mais de l’anagramme du contrat unique d’insertion. Il permet de recevoir une formation permettant l’insertion professionnelle. L’entreprise, elle, reçoit de l’argent pour embaucher ces personnes qui ont du mal à l’être ailleurs. Cette somme est censée aplanir les difficultés. Ce CUI se subdivise en CUI-CIE (pour les commerces et l’industrie) et en CUI-CAE (pour les autres). Vous suivez toujours ? Tant mieux, car pour ne pas perdre le fil, il faut être costaud dans sa tête.

Il est possible d’en signer un en CDD (au moins 6 mois et 2 ans tout au plus sauf en cas de formation en cours. Pour les plus de 50 ans, il peut aller jusqu’à 5 ans et être prolongé jusqu’à 8), mais aussi en CDI, même si les entreprises ont l’habitude de passer pat le premier avant de signer le deuxième. Il faut faire au moins 20 heures par semaine.

Tour le monde ne peut pas en bénéficier. Il faut être soit un chômeur de longue durée, soit un handicapé, soit un senior, soit toucher le RSA ou l’ASS ou l’AAH. Pour les jeunes, il y a mieux : l’emploi d’avenir. Toute signature de ce genre de contrat passe par son référent RSA ou Pole Emploi.

L’aide différentielle de reclassement

Celle-ci, elle n’existe plus (sauf pour ceux qui ont signés avant le 1er avril 2015, et ce n’est pas un poisson), mais on en parle car l’idée était de pouvoir bénéficier du même salaire pour un nouvel emploi que celui qu’on a perdu. L’ARE permettait de remettre le pied à l’étrier dans de bonnes conditions financières.  Toutes les personnes qui touchaient l’ARE étaient concernées, et les plus de 50 ans n’avaient pas besoin d’être demandeur d’emploi depuis plus d’un an pour cela. Parmi les conditions, il ne fallait pas retourner chez son ancien employeur, cela aurait pu être une façon détournée pour l’entreprise de payer moins son salarié et de laisser à l’état la prise en charge de la différence.

Le contrat génération

C’est le dernier lapin sorti du chapeau. Le principe : on met un jeune et un vieux ensemble, on mélange et on obtient un jeune qui est formé et un sénior qui ne perd pas son emploi car de nouveau très utile à l’entreprise. C’est un peu caricaturale, mais c’est à peu près ce qui est censé se passer. Car les compétences ne se transmettent pas par magie, et c’est le principal écueil rencontré par les – de 25 ans, et qui fait que les patrons hésitent à les embaucher. Bien sur, comme pour tout dispositif qui se respecte, il faut une carotte pour faire avancer l’âne.

contrat generation

Si le patron embauche le plus jeune et conserve l’emploi du second (qui doit avoir plus de 57 ans), c’est 4000 euros pour les la première années, renouvelables 3 fois sur trois ans, soit 12000 € au total, doublé en cas de double recrutement. Cette aide s’applique aux petites entreprises et à celles allant jusqu’à 300 salariés. Attention: pas d’exonération de cotisations sociales en plus. Au dessus, des dispositions spéciales s’appliquent, notamment des engagements et des pénalités en cas de non respect de ceux-ci.

Pour obtenir cette aide, le patron doit en faire la demande, en ligne, directement sur son espace Pôle Emploi. Il doit aussi penser à l’actualiser tous les trois mois. Si le CDI ou le contrat de travail s’arrête pendant cette période ou que l’actualisation n’est plus faite, l’aide financière s’arrête.

Le contrat de professionnalisation

C’est une autre aide à l’embauche, portant sur les salariés de + de 45 ans. Attention pour les patrons, il ne faut avoir licencié personne économiquement au cours du semestre écoulé. Il ne faut pas non plus être en retard pour le paiement de ses cotisations sociales. Dans le cas où ils respectent les conditions, une aide leur sera versée, de 2000 euros, en 2 fois.

Aides financières pour les chômeurs


En cas de perte d’emploi ou de licenciement, les chômeurs âgés sont particulièrement chouchoutés. Il faut dire qu’arrivé à 50 ans, la pilule du chômage est dure à faire passer, surtout que chacun sait que dans cette situation, même avec toutes les aides du monde, il aura beaucoup de mal à retrouver du travail.

L’ARE pour les chômeurs de plus de 50 ans

L’allocation de retour à l’emploi permet à ceux qui sont sans travail et inscrits à Pôle Emploi d’être indemnisé, à condition de ne pas avoir atteint l’âge légal de la retraite. Pour ceux qui n’ont pas tous leurs trimestres, il est possible de rester un peu plus longtemps à l’ARE afin de pouvoir prendre sa retraite à taux plein. De toute façon, celle-ci ne fait que reculer, donc…

Pour toucher l’ARE, il faut avoir travaillé un minimum de jours pendant les 36 derniers mois, et ne pas avoir quitté son boulot spontanément, mais bien l’avoir perdu. Le chômage ne doit pas être un acte volontaire, sauf en cas de départ légitime (pour suivre son mari ou sa femme par exemple). Il faut aussi continuer à chercher du travail en France, et être en capacité physique de le faire. Le montant de l’ARE correspond en principe à 75% de son dernier salaire brut (celui-ci est calculé sur la base des derniers mois travaillés).

En cas de licenciement

Il n’est pas facile de virer un quinquagénaire, car la loi est là pour veiller et peut même punir en cas d‘abus. Il faut dire qu’une fois licenciés, les gens de cette catégorie d’âge auront beaucoup de mal à retrouver un poste. Mais les règles ne sont pas que coercitives, elles s’accompagnent d’aides. Il est important de savoir qu’il n’est pas possible de se servir de l’âge d’un de ses salariés pour s’en séparer. Car il s’agit là purement et simplement d’une discrimination.

aide chomeur

Mais des licenciements économiques, il y en a aussi. Il faut donc prévoir l’après, et le reclassement des salariés : pour cela, des formations et des VAE sont mises en place, car la pré retraite, ça n’existe plus, officiellement du moins.

La surcote après 60 ans

Qu’est-ce donc encore que cette invention là ?

La surcote est une majoration de la pension de retraite de base dont bénéficient les assurés qui continuent de travailler après l’âge légal de départ à la retraite et au-delà de la durée d’assurance exigée pour une retraite à taux plein (le nombre de trimestres requis est variable selon l’année de naissance). Actuellement, l’âge légal de départ est fixé entre 60 et 62 ans, mais partir dans ce créneau ne signifie pas qu’on a tous ses trimestres, ce qui explique que des gens choisissent de travailler bien plus longtemps s’ils en ont la possibilité.

Le cumul Emploi-Retraite

Il est possible de toucher sa pension de retraite, mais de continuer à travailler pour mettre du beurre dans les épinards. A réserver à ceux qui sont toujours en bonne forme physique. Pour pouvoir cumuler, il faut d’abord avoir fait jouer ses droits au départ, partir, prendre sa retraite, et retrouver un boulot ailleurs, avec un nouveau contrat. Il n’est plus nécessaire d’attendre 6 mois pour le faire comme cela était le cas auparavant.

Retrouver un emploi


Les seniors ont toutes les peines du monde à le faire, mais comme à l’impossible nul n’est tenu, il ne faut pas perdre espoir.

Les aides des mutuelles pour les seniors : coaching, relooking…

On ne pense pas toujours à elles, pourtant les mutuelles mettent souvent en place un programme d’aide pour leurs affiliés ayant passé cinquante ans et qui souhaite mettre toutes les chances de leur côté pour créer à nouveau ce déclic chez un employeur potentiel. Cela passe parfois par une refonte de son image, pour ne pas paraitre has been, et par une confiance retrouvée dans ses atouts.

Les Clubs Seniors de Pole Emploi

Bon, dis comme cela, ça fait un peu penser à des clubs de bridge, mais il n’en est rien. Ce sont des modules de travail mis en place par l’assurance chômage pour permettre à des gens qui sont dans une même situation de se retrouver, de parler ensemble, d’échanger mais aussi de se soutenir. Il faut être motivé avant de les intégrer car l’objectif est bien de retrouver du travail, pas de se donner des conseils pour aller à la pêche. Une bonne façon des se tirer vers le haut.

Des stages en entreprise pour les plus de 50 ans ?

Généralement, les gens qui ont atteint le cinquantaine et qui se retrouvent sans emploi doivent repasser par la case départ, surtout s’il s’agit d’exercer un nouveau métier ou de nouvelles fonctions. Il faut ravaler sa fierté et son orgueil pour ne pas rester sur la touche. Car quand on est au chômage depuis plus d’un an, quoi de mieux qu’un stage pour se remotiver et rester dans la vie active. Et cela peut très bien déboucher dans un premier temps sur un CDD, voir sur un CDI.

faire un stage

Alors oui, c’est vrai que se retrouver en stage quand on a déjà une longue carrière professionnelle derrière soi n’a rien de bien marrant. On peut être amené à travailler avec « des petits jeunes » qui nous prennent de haut. Mais attention à la jeunesse, elle a elle aussi des atouts, et surtout de nouvelles compétences, pour lesquelles elle a bénéficié de formations. C’est donc une histoire de confiance à établir.

Que les quincas se rassurent : ils en ont encore sous le pied, et les entreprises seraient bien avisées de leur faire confiance. Certains arrivent à retrouver un emploi. Pourquoi pas vous ?